Le programme

Accueil

Les États Généraux du Livre Tome 2 auront lieu le mardi 4 juin 2019 à la Maison de la Poésie (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin, 75003 Paris).

9h30 Introduction

 

Pascal Ory - Président du CPE

Martin Ajdari - Directeur général des médias et des industries culturelles, ministère de la Culture

 

Paroles d’auteurs : Aurélie Abolivier, illustratrice ; Marc-Antoine Boidin, auteur de BD ; Sophie Chauveau, écrivain et dramaturge ; Isabelle Jarry, romancière 

 

10h00 Social & fiscal : un an après, où en est-on ?

État des lieux en deux temps, animé par Pascale Fabre (directrice des affaires sociales de la SCAM) et Emmanuel de Rengervé (délégué général du SNAC)

 

  • Fiscal :

Gilbert Borjon - Mission fiscalité, Service des affaires financières et générales du Secrétariat général

Pierre Pradié - Avocat à la cour

  • Social :

Angela Alves -  Directrice de l’IRCEC, caisse de retraite complémentaire des artistes-auteurs

Cédric Bastelica - Directeur de projet artistes-auteurs à l’Urssaf

Nicolas Georges - Directeur chargé du livre et de la lecture, Direction générale des médias et des industries culturelles, ministère de la Culture

Corinna Gepner - Présidente de l’ATLF

David Hoyrup - En charge des réformes artistes-auteurs à la Direction de la sécurité sociale

Anne-Marie Le Guével - Inspectrice générale des affaires culturelles, administratrice provisoire de l’Agessa

 

 

12h00 Pause

 

 

14h00 Introduction

 

Vincent Monadé - Président du CNL

 

Paroles d’auteurs :  Catel Muller, autrice de BD ; Léonor de Recondo, romancière ; Floriane Ricard, illustratrice

 

Olivia Guillon - Maître de conférences en économie, université Paris XIII

 

14h45 État des lieux : qui gagne quoi ?

Table ronde animée par Anne-Laure Walter (rédactrice en chef adjointe, Livres Hebdo)

 

Bessora - Vice-présidente du SNAC

Bruno Caillet - Directeur de la diffusion Madrigall

Gilles Haéri - Directeur général des Editions Albin Michel

Xavier Moni - Président du SLF

 

15h45 Pause

 

16h00 Un meilleur partage

Table ronde animée par Anne-Laure Walter (rédactrice en chef adjointe, Livres Hebdo)

 

Samantha Bailly - Présidente de la Ligue des auteurs professionnels, vice-présidente de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse

Vincent Montagne - Président du SNE

Laure Pécher - Agent, Agence littéraire Astier-Pécher

Géraldine Schwarz - Autrice et journaliste

Marie Sellier - Présidente de la SGDL

Olivier Sulpice - Président fondateur de Bamboo Editions

 

17h50 Conclusion

 

Pascal Ory

 

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Droits d’auteur : 10% minimum !

Introduction aux Etats Généraux du Livre Tome 2

 

Les auteurs de livres revendiquent aujourd’hui une rémunération plus juste et équitable et des livres mieux défendus. Ils attendent aussi une véritable transparence de l’économie du secteur et une meilleure prise en compte de leurs spécificités de créateurs.

Le métier d’auteur recouvre des situations extrêmement diverses.

On estime aujourd’hui à un peu plus de 100 000 le nombre d’auteurs de livres en France. Pour autant, en 2018, seuls 5% d’entre eux remplissaient les conditions d’affiliation à l’AGESSA, l’organisme de sécurité sociale des auteurs, soit un revenu annuel de 8892 euros.

Les études menées en 2015 par le ministère de la Culture et le Centre national du livre ont permis, pour la première fois, de dresser un état de la situation économique et sociale des auteurs de livres en France (voir encadré).

Ces études mettent en lumière une baisse du revenu de l’ensemble des auteurs sur la période récente, particulièrement depuis 2007. Par ailleurs, on observe un effet générationnel important : les auteurs connaissent globalement aujourd’hui des perspectives de progression de leurs revenus moindres que par le passé.

Les résultats de ces études montrent qu’un peu plus de 8% des auteurs de livres ont perçu, en 2013, des revenus d’auteur supérieurs au SMIC annuel (13 445 €), dont près de 3% des revenus supérieurs à 2 fois le SMIC (26 890 €) et parmi eux 1,6% des auteurs des revenus supérieurs à 3 fois le SMIC (40 335€). Autrement dit, 90 % des auteurs perçoivent un revenu en droits d’auteur inférieur au SMIC, ce qui explique que les deux tiers des auteurs de livres exercent une autre activité professionnelle.

Parmi les auteurs, beaucoup sont contraints de trouver un second métier pour dégager un revenu décent, mais nombre d'entre eux, en particulier dans les secteurs jeunesse ou BD, exercent uniquement une activité d'auteur, dépendant exclusivement de leurs revenus artistiques. En jeunesse, l’une des explications du faible niveau des revenus d’auteur résulte d’un taux moyen global de rémunération en droits d’auteur plus proche de 5% que de 8% ou 10%, les taux de droits d’auteur devant par ailleurs être partagés entre les co-auteurs.

L’économie des maisons d’édition se base sur une logique de péréquation entre succès et moindres réussites commerciales. Cette logique incite les éditeurs à multiplier les nouveautés pour augmenter leurs chances de succès, tout en n’ayant pas les moyens d’accompagner efficacement le lancement de tous les livres.

En 2017, 81 000 nouveaux titres, tous secteurs confondus, ont été commercialisés en France, soit plus de 200 nouveautés par jour. Alors que le nombre de nouveaux titres publiés augmentait de 12% sur les 10 dernières années, le tirage moyen de ces nouveautés diminuait de 40 % sur la même période.

Ce phénomène de surproduction dans l’édition n’est pas nouveau mais s’amplifie. Les auteurs en sont les premières victimes.

En effet, les revenus des auteurs ne cessent de se dégrader : les rémunérations (à-valoir et pourcentages) n’ayant pas augmenté, la rémunération à l’exemplaire a diminué pour l’auteur qui, contrairement à l’éditeur, ne peut pas accroitre ses gains de productivité en publiant plus de livres….

Dans cette situation de forte fragilisation et précarisation, Les Etats Généraux du Livre Tome 2, qui se tiendront le 4 juin 2019, permettront à tous les acteurs du livre d’aborder l’ensemble des questions liées au partage de la valeur et aux auteurs d’exprimer leurs revendications.